Certains effets de la castration.
Je lis souvent votre chronique, que je trouve très à propos, réaliste et recherchée de par vos réflexions. J'aurais une question. Lors d’une discussion avec un ami, nous nous entendions mal sur l’histoire des castrats. Selon un film de musique classique, les castrats, des chanteurs que l'on châtrait dans leur enfance pour qu'ils conservent une voix de soprano, étaient très recherchés par la gente féminine pour leur nature d'être ainsi que pour le plaisir de l'érotisme et de la chair. Comment est-il possible, qu'après castration, il puisse y avoir encore possibilité de rapports sexuels ? Pour moi, c'est comme si la chaîne était brisée. Sans éjaculation ni testostérone, l'accomplissement de rapports sexuels ne devrait pas être possible ? Pourtant mon interlocuteur me disait que cela semblait encore possible d'après ce qu'il voyait du film en question ? Comment le comprendre si on le met en parallèle avec la castration, que certains voudraient voir en application pour contrevenir aux violeurs récidivistes ?
Sans les hormones de l'adolescence, le pénis ne peut pas se développer à sa taille adulte. La pénétration serait donc moins intéressante mais elle n’est peut-être pas impossible, puisque l'érection est réalisable si on se fie au fait qu'elle l'est chez les enfants prépubères. Par ailleurs, comme les taux de testostérone restent au-dessous de la normale comparativement à ce qu'ils devraient être pour un homme adulte, le désir sexuel est moins grand chez eux. Toutefois, comme le désir sexuel est présent chez les enfants, il l’est sans doute tout autant chez les hommes castrés avant leur adolescence.
Les gardiens de harem étaient aussi des hommes castrés avant la puberté de façon à ce qu’ils puissent garder les femmes sans avoir de contacts sexuels avec elles. Est-ce à dire que leur désir sexuel était nul ou simplement qu’il était suffisamment bas pour pouvoir être disciplinable en regard de pénalités sévères s’ils étaient pris à avoir des relations sexuelles avec une femme ? Une chose est certaine : le fait d’être castré les empêchait de féconder une femme, ce qui protégeait la descendance génétique du monarque possesseur du harem.
En fait, l'homme castré avant la puberté va probablement présenter des courbes hormonales plus proches de celles de la femme que de celles de l'homme. Peut-être que ce que ça donne, c'est une sexualité plus fusionnelle (donc plus en tendresse et caresses) plutôt qu'une sexualité anti-fusionnelle (centrée sur le sexe pour le sexe). S’il est vrai que les femmes de l'époque classique appréciaient la sexualité avec les hommes castrés, j'imagine que l'explication pourrait se trouver dans cette possibilité que ceux-ci aient été plus fusionnels et moins portés sur le sexe pour le sexe.
Par contre, il semble que castrer un homme après la puberté (donc lorsque son corps s'est développé en fonction de taux normaux d'hormones sexuelles pour un homme), produit des changements différents de lorsqu'il l'est avant la puberté. Ce serait donc pourquoi castrer un abuseur sexuel conduirait à une baisse importante de désir et, par conséquent, à une suppression des comportements répréhensibles. Alors que castrer un homme avant la puberté n'enlèverait peut-être pas autant la capacité de désir sexuel.