Voilà, j'ai 18
ans, cela va faire 1 an et demi que je suis avec ma copine de 17 ans. Sur le
plan sentimental tout va bien, et alors que nous n'avions encore strictement
rien entrepris sur le plan sexuel, nous décidions d'un commun accord il y a un
mois d'enfin passer à l'acte (1ere expérience sexuelle pour elle et moi); la
soirée était donc à peu près planifiée. Je m'en réjouissais et alors que
ma crainte était plutôt de me découvrir être un éjaculateur précoce, mon
problème fut inverse et je me découvris être
incapable d'avoir une érection, ne ressentant pas vraiment de désir même en
ayant fait les préliminaires qu'il se doit à ma copine! Je m'attendais à tout
sauf à ça. On remit donc ça à la semaine suivante mais rebelotte, ça se
passa exactement pareil ! Que dois je donc penser ? Suis-je impuissant déjà si
jeune (alors que pourtant, je m'adonnais jusqu'à présent à la masturbation
sans problème d'érection).
Le fait que vous soyez capable d’érection lors des masturbations démontre que la difficulté d’érection est d’origine psychologique et il est possible que ce soit la peur de l’éjaculation précoce qui ait causé cette difficulté bien que d’autres causes peuvent aussi être en jeu.
Qu’est-ce qui
vous amené à avoir peur d’être éjaculateur précoce ? Est-ce parce
que l’éjaculation vient toujours très vite dès que vous commencez à vous
masturber ? Est-ce parce que vous avez peur de décevoir votre partenaire ?
Est-ce parce que vous pensez qu’un homme viril doit toujours être en contrôle
de ses moyens ?
Je soupçonne,
selon ce que vous me dites, que c’est la peur de décevoir votre partenaire
qui vous a rendu tellement inquiet que vous en avez oublié de vivre votre
plaisir et d’apprécier les caresses que vous partagiez avec votre partenaire.
Il est donc bien normal, dans ce cas, que le désir que vous aviez avec votre
partenaire se soit alors complètement dissous et que l’érection ne se soit
pas produit.
De plus, vous
mentionnez avoir ‘’fait les préliminaires comme il se doit à votre
copine’’. D’une part, c’est comme si les ‘’préliminaires’’ ne
faisait pas partie des activités sexuelles comme telles et que seule la pénétration
devait être considérée comme l’étant. Pourtant, l’acte de faire
l’amour n’est pas constitué que de la seule pénétration, il comprend
aussi les caresses et les activités de stimulation manuelles et orales entre
les partenaires.
D’autre part,
vous semblez avoir compris que les préliminaires étaient quelque chose ‘’à
faire’’ pour la partenaire. Beaucoup d’hommes adoptent cette attitude de
‘’faire’’, leur objectif étant d’exciter la partenaire et/ou de lui
faire plaisir. Étant dans le ‘’faire’’, ils se demandent
‘’qu’est-ce qu’ils doivent faire’’ et restent dans la technique,
oubliant alors de ressentir leur désir de caresser et leur
plaisir à le faire.
Préoccupés par
leur crainte de ne pas être capables de faire plaisir à la partenaire, ils
oublient que faire l’amour, c’est d’abord et avant tout un partage de
sentiments, une expression corporelle de l’amour et du bien-être ressenti
en présence de l’autre et que cette expression vient du fond de soi, elle
n’est pas faite de techniques décidées par le rationnel.
Pour s’aider
à faire la différence, une question à se poser: Est-ce que je caresse comme
ça parce que je pense que c’est ce qu’il y a de mieux ou de plus excitant
(technique) ou est-ce parce que je laisse ma main aller et que c’est
comme ça que j’ai envie de caresser à ce moment-ci (expression d’un
sentiment pour l’autre) ?
En comprenant
les préliminaires comme étant destinés à la partenaire, vous avez oublié
qu’elles font partie de l’acte sexuel et qu’elles sont tout autant destinées
à vous faire plaisir qu’à faire plaisir à l’autre. Ainsi,
en plaçant toute votre attention à faire les bonnes choses à votre partenaire
pour lui faire plaisir et l’exciter, vous avez oublié votre propre désir et
votre propre plaisir, d’autant plus que vous étiez préoccupé par la crainte
d’avoir une éjaculation précoce. Ce qui, en bout de ligne, a fait que
lorsqu’il a été temps de la pénétration, vous ne ressentiez plus de désir
et n’aviez pas d’érection.
La solution est
évidemment d’apprendre à rester en contact avec votre désir et avec votre
plaisir lors des caresses que vous partagez avec votre partenaire et de caresser
à partir de ce que vous ressentez plutôt qu’en fonction de ce que vous
pensez que vous devriez faire. Il est probable que l’érection soit alors au
rendez-vous et qu’il n’y ait plus de problèmes, à moins que vous
continuiez à avoir peur d’avoir une éjaculation précoce. Cette peur peut,
en elle-même, produire l’éjaculation précoce parce que l’anxiété
favorise celle-ci et parce que la tentative même de se retenir produit cette éjaculation.
Diminuer cette crainte et ne pas tenter de se retenir sont le meilleur gage
d’un temps de pénétration satisfaisant.
Le fait que vous tentiez de résoudre le problème dès qu’il a commencé à se produire met toutes les chances de votre côté quant à une résolution rapide de votre difficulté. Si, toutefois, cela ne semble pas s’améliorer de façon satisfaisante, il vous faudra éventuellement songer à la consultation sexologique.