J’allaite
encore mon bébé de 7 mois car une infirmière m’a appris que la durée
naturelle de l’allaitement est de deux ans chez les humains. Je souhaite
donner le meilleur à mon bébé. Me voilà toutefois inquiète et confuse, car
je me suis rendue compte que j’éprouvais parfois des sensations de plaisir
dans ma région génitale lorsque j’allaitais. Suis-je en train de me servir
de mon bébé pour assouvir certains désirs inconscients ? Pourtant,
j’aime mon conjoint et nous avons une sexualité à la fois fréquente et très
satisfaisante. Devrais-je arrêter d’allaiter mon enfant pour ne pas abuser de
lui ?
Les
sensations de plaisir que vous ressentez dans votre région génitale sont tout
à fait normales et il y a peu de chances qu’elles soient dues à des désirs
sexuels inconscients face à votre bébé.
Suite à l’avènement
du biberon, tout récent si on considère que l’espèce humaine existe depuis
des millions d’années, les sociétés occidentales ont plus ou moins oublié
que la fonction première des seins est d’allaiter le bébé et que
sans l’allaitement, les mammifères et l’espèce humaine n’auraient
jamais pu survivre jusqu’à aujourd’hui. En outre, biologiquement parlant,
l’allaitement fait partie intégrante de l’ensemble des actes sexuels liés
à la reproduction et à la survie de l’espèce. Ainsi, les hormones qui
favorisent l’allaitement font partie de l’ensemble des hormones sexuelles
et, entre autres, une autre de leurs tâches est de stimuler la contraction utérine.
Ces contractions permettent à l’utérus de reprendre rapidement sa grosseur
normale après l’accouchement mais elles participent aussi à l’orgasme. Par
conséquent, allaiter son enfant favorise la contraction utérine qui est liée
au plaisir sexuel et à l’orgasme.
Il est donc normal
que vous ressentiez un plaisir semblable au plaisir sexuel lorsque vous allaitez
votre bébé. Ce plaisir, toutefois, est généralement discret et apporte
surtout un sentiment de bien-être.
En fait, il est
rare que l’allaitement conduise à un désir de faire l’amour. En règle générale,
il va plutôt provoquer une diminution du désir sexuel car il le satisfait
physiquement par le biais des contractions utérines et, psychologiquement, par
le biais du sentiment du bien-être qu’il produit.
S’il vous
arrivait de ressentir un désir de faire l’amour pendant que vous allaitez, la
meilleure chose à faire c’est de relaxer au moment de l’allaitement,
reconnaître que ce désir est normal et produit par le jeu des hormones, et ne
pas chercher à nourrir ce désir afin de garder des frontières claires entre
l’allaitement et les activités sexuelles. Si, après l’allaitement, vous en
ressentez encore le goût, vous aurez toujours la possibilité de répondre à
votre désir en initiant une activités sexuelle avec votre partenaire ou encore
en passant par une activité de masturbation (en autant qu’elle n’évoque
pas l’allaitement comme tel).
En fait, le
plaisir ressenti lors de l’allaitement a tout simplement été prévu par la
nature afin d’encourager les femmes à nourrir leur progéniture jusqu’à ce
que celle-ci puisse être suffisamment autonome pour ne plus avoir besoin de
lait maternel. S’il n’avait pas été là, il est probable que trop de bébés
auraient été abandonnés et l’espèce humaine se serait éteinte.