L’éjaculation précoce

Il est difficile de définir l’éjaculation précoce de façon stricte car différents facteurs sont en jeu et ce qui semble être de l’éjaculation précoce chez un homme n’en sera pas chez un autre.

De façon générale, nous pouvons toutefois définir l’éjaculation précoce comme étant une éjaculation qui a tendance à se produire dès que l’homme reçoit un minimum de stimulations sexuelles, c’est-à-dire avant, pendant ou juste après le début de la pénétration. En outre, pour être considérée comme précoce, l’éjaculation doit se produire avant que l’homme ne souhaite éjaculer. Certains cliniciens vont aussi considérer le souhait de la partenaire quant au moment de l’éjaculation pour décider si celle-ci est précoce ou non.

Il faut aussi tenir compte du réalisme de la demande au niveau de la durée de la stimulation avant éjaculation. Certains hommes croyant que leur partenaire aurait plus de plaisir s’ils arrivaient à la pénétrer pendant près de une heure, se perçoivent comme éjaculateurs précoces alors qu’ils éjaculent après 15 minutes de pénétration. Pourtant, cette durée est tout-à-fait adéquate pour bon nombre de femmes et peu souhaiteraient que la pénétration dure si longtemps.

En fait, bien que la présence d’une éjaculation précoce soit le plus souvent jugée en fonction de la durée de l’activité sexuelle (surtout de la pénétration), ce qui est surtout en jeu c’est la capacité contrôler le moment de son éjaculation. Dans le cas de l’éjaculation précoce, l’éjaculation vient quand elle vient et, le plus souvent, c’est rapidement.

L’éjaculation précoce semble être due à un mauvais apprentissage de la réponse sexuelle de même qu’à certaines anxiétés ressenties face à la sexualité. Fait important à noter : il n’y a pratiquement aucune cause organique à l’éjaculation précoce. 

 

Il est donc vain de demander un traitement à son médecin car celui-ci ne peut pas faire grand-chose. Toutefois, comme un des effets secondaires de certains anti-dépresseurs est d’augmenter considérablement la durée de la stimulation avant que l’éjaculation ne puisse se produire, certains médecins prescrivent ces anti-dépresseurs en espérant que cela sera suffisant pour que le patient acquiert la confiance en soi nécessaire pour lui permettre de changer. Lorsque le problème s’est installé après une période de fonctionnement normal, la solution peut parfois s’avérer heureuse. Toutefois, cette solution ne permet pas, à elle seule, d’acquérir un contrôle sur l’éjaculation si elle n’a jamais été acquise auparavant. Dans ce cas, le problème reviendra dès que la prescription d’anti-dépresseurs est terminée.

 

Une approche sexologique qui est très efficace avec ce problème est une approche développée par Jean-Yves Desjardins et appelée ‘’approche sexocorporelle’’. Cette approche travaille à aider l'homme à devenir plus conscient de ses mouvements corporels, de ses tensions musculaires et de sa respiration de façon à ce qu'il devienne capable de les modifier afin de moduler son excitation et de devenir capable d'atteindre l'orgasme et l'éjaculation lorsqu'il le désire plutôt que lorsqu'il devient "trop excité". Cette approche a le mérite d'encourager l'homme à vivre le plaisir sexuel, différemment de l'approche cognitivo-comportementale qui offre plutôt une solution dans laquelle on cherche à diminuer l'excitation sexuelle en diminuant la stimulation et le plaisir sexuel.  

 

Le plus souvent, la meilleure solution consistera à consulter un ou une sexologue qui pourra guider l'homme à acquérir le contrôle éjaculatoire soit par l'utilisation d'exercices et/ou en l'aidant à prendre conscience des anxiétés sous-jacentes à son problème d'éjaculation précoce.            

Accueil

Chroniques au Courrier Laval