La réponse sexuelle (2e partie)

La semaine dernière, nous avons abordé les différentes phases de la réponse sexuelle à partir de ce que des chercheurs en ont observé. Cette façon de voir la réponse sexuelle est intéressante car elle nous amène à comprendre comment notre corps réagit lorsque nous nous engageons dans une activité sexuelle et elle nous permet de mieux identifier où se situent les problèmes lorsqu’ils se produisent. Toutefois, cette compréhension est plutôt mécanique et d’autres chercheurs l’ont élaborée en lui apportant de nouveaux éléments et plusieurs nuances.

Ainsi, il est évident que pour entrer dans la phase d’excitation sexuelle et pour la maintenir, cela prend du désir, qu’il soit de nature intellectuelle, émotionnelle ou physique. Cela prend aussi une ouverture au désir sexuel.

Ce qui veut dire que la personne doit s’ouvrir mentalement à l’idée d’une activité sexuelle, décider qu’elle veut du sexe. Avoir du désir n’est pas suffisant. Il lui faut aussi reconnaître qu’elle en a et s’ouvrir à celui-ci, sinon elle risque de bloquer à l’une ou l’autre des phases de la réponse sexuelle.

Par ailleurs, une personne peut aussi décider qu’elle veut du sexe et bâtir son désir à partir de là, avant même de ressentir du désir sexuel comme tel. Dans ce cas, le désir sexuel et l’excitation se construisent à partir des stimuli que la personne va chercher dans ce but.

Il faut aussi se rappeler que le plaisir est le but de l’activité sexuelle; ce n’est pas l’orgasme. Malheureusement, beaucoup de gens ont appris à penser que le seul plaisir qui compte, lors des activités sexuelles, est celui associé à l’orgasme. Ce qui réduit de beaucoup tout le plaisir qu’il peut y avoir à vivre sa sexualité : c’est comme si on ne savourait que la cerise du sunday, en pensant que le reste du sunday n’est là que pour supporter la cerise et n’est pas savourable en soi.

Cette croyance conduit aussi beaucoup d’hommes et de femmes à se questionner anxieusement sur leurs capacités sexuelles puisque, selon cette vision, sa valeur d’amant ou d’amante se mesure à la capacité d’avoir et/ou de donner un orgasme. Ainsi, au lieu d’avoir simplement plaisir à partager une expérience de communion sexuelle, l’un et l’autre des partenaires se mettent à se demander si, cette fois-ci, l’orgasme sera atteint. Ce faisant, ils passent à côté du plaisir même qui aurait pu, s’il avait été ressenti sans anxiété, amener à l’orgasme, en plus d’être une expérience intensément agréable en soi.

Beaucoup de gens croient, en outre, que dès qu’il y a excitation sexuelle, il y doit y avoir activité sexuelle et orgasme. Pourtant, il est possible de se retirer du cycle de la réponse sexuelle et revenir à un état non-excité, à partir de n’importe quelle phase de la réponse sexuelle. Ce qui fait qu’une personne peut ressentir du désir ou de l’excitation sexuelle et décider de ne pas avoir d’activité sexuelle à ce moment-là parce qu’elle juge, par ex., que les circonstances actuelles ne sont pas adéquates pour le permettre.

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