Bien que lors des premières rencontres, le désir sexuel est souvent très intense, il arrive fréquemment que ce désir sexuel diminue chez l’un ou l’autre partenaire après un certain temps de vie commune.
Au début, quand deux hommes ou deux femmes se rencontrent et se sentent attirés l’un par l’autre, chacun a l’impression d’avoir enfin rencontré la personne idéale avec qui partager sa vie. Exaltés par ce sentiment, chacun idéalise l’autre personne et la relation naissante, et c’est cette idéalisation qui attise le désir sexuel.
Avec le
temps, les deux partenaires apprennent à se connaître et font face à
l’organisation du type de relation qu’ils vivront ensemble. La période
d’idéalisation s’efface graduellement et chacun des partenaires se rend
compte que certaines attentes ne sont pas comblées. Des déceptions et des
frustrations plus ou moins grandes commencent alors à se faire sentir et il
arrive que celles-ci, surtout lorsqu’elles ne sont pas conscientisées et
discutées, produisent un mouvement
d’éloignement face à l’autre et, par conséquent, une diminution du désir
sexuel envers l’autre. Certaines de ces déceptions sont dues aux réactions
de chacun face à la personnalité de l’autre (tout comme chez les couples hétérosexuels),
mais d’autres déceptions ou frustrations sont plus spécifiques au couple de
même sexe.
Ainsi,
lorsque la famille d’origine de l’un des partenaires refuse d’accepter
l’homosexualité comme étant une option normale ni même tolérable, elle
pourra soit exiger que celui-ci se conforme aux attentes et nie son homosexualité,
soit refuser d’accepter l’autre en tant que conjoint légitime, soit
transgresser les frontières du couple en exigeant une disponibilité à la
famille qui ne respecte pas les besoins d’être ensemble des deux partenaires.
Chaque partenaire vit alors des inquiétudes et des frustrations qui nuisent au
maintien de l’intimité amoureuse et conduisent à une diminution du désir
sexuel, soit parce qu’il se sent tiraillé entre la famille et son amoureux,
soit parce qu’il ne se sent pas reconnu comme étant un conjoint légitime, ou
soit parce qu’il se voit coupé de son conjoint lors des fêtes et des réunions
familiales.
Une autre
source de difficulté peut surgir lorsque l’un des conjoints a eu des enfants
d’une ancienne union hétérosexuelle. Ainsi, lorsque l’ex-conjoint refuse
le droit de visite du parent homosexuel, celui-ci peut en être très affecté,
voire déprimé face à l’étendue des pertes rencontrées de par son
‘’coming out’’ et avoir de la difficulté à vivre pleinement la
relation actuelle. Par ailleurs, lorsque la séparation s’est bien effectuée
et que les ex-conjoints sont devenus amis pour le bien des enfants, il arrive
que le nouveau conjoint se sente menacé par cette complicité parentale que vit
son conjoint avec l’ex. Dans d’autres cas, le conjoint qui n’a jamais eu
d’enfant souhaite que son partenaire obtienne la garde légale des enfants
parce qu’il pourrait alors ainsi devenir lui-même parent. Des mésententes
peuvent alors se créer et produire une baisse de désir sexuel.
En fait,
divers événements non liés au couple lui-même peuvent aussi faire diminuer
l’intensité du désir sexuel. Ce sera le cas de tout événement émotivement
difficile à vivre et qui demande un réajustement personnel ou conjugal :
un deuil, une perte d’emploi, une surcharge de travail, un changement dans
l’organisation ou les responsabilités de travail, un déménagement
non-voulu, des inquiétudes face à la santé de ses parents ou de ses enfants,
une maladie difficile à accepter, en sont quelques exemples.
Le désir
sexuel peut donc être influencé par plusieurs facteurs qui ne sont pas nécessairement
liés à la qualité de l’amour que chacun porte pour l’autre. Toutefois,
lorsqu’il diminue de façon à mettre la relation elle-même en danger, il
peut devenir nécessaire d’essayer de comprendre ce qui se passe afin de
revenir à un niveau d’intimité sexuelle qui puisse nourrir chacun des deux
partenaires et aider au maintien de la relation.