Les fluctuations de désir sexuel dans le
couple
Alors que chacun des deux partenaires semble avoir beaucoup de désir sexuel pour l'autre en début de relation amoureuse, il arrive fréquemment que ce désir diminue chez l'un ou l'autre, quand ce n'est pas chez les deux, au cours de la vie conjugale. Voyons un peu pourquoi.
Quand deux personnes se rencontrent et se sentent attirées l'une par l'autre, l'espoir de vivre une vie heureuse ensemble réveille un très grand désir d'être avec l'autre, de s'unir avec. Ce qui attise le désir sexuel, puisque celui-ci est l'expression ultime de ce désir d'être intime avec l'autre, de faire un avec lui ou avec elle. Toutefois, la routine inévitable du quotidien effrite la passion amoureuse au cours des premières années de vie commune et le désir perd de son intensité, produisant souvent une baisse de la fréquence des activités sexuelles. Cette diminution dans le désir et la fréquence n'est pas la même pour tous les couples ni pour chacun des partenaires dans un couple.
Au niveau individuel, ce sont les croyances et les attitudes en regard de la sexualité qui vont influencer le désir sexuel. Par ailleurs, ces croyances et attitudes sont généralement façonnées par différents messages reçus des parents et de l’entourage, tout au cours de l’enfance, de l’adolescence et même de la vie adulte. Lorsque les messages reçus sont positifs et valorisent le respect de soi et de l’autre, de même que la reconnaissance et la prise en charge de sa propre sexualité, le désir sexuel a moins de chances de diminuer beaucoup après la lune de miel. Malheureusement, dans nos sociétés, ces messages sont souvent négatifs et ils sont d’autant plus néfastes et puissants qu’ils ne sont pas nécessairement clairement exprimés en parole, étant souvent plutôt suggérés par une expression du visage et du corps qui exprime le malaise, la désapprobation, le dégoût ou la méfiance face aux hommes, aux femmes ou à la sexualité.
Différents événements peuvent aussi faire diminuer l’intensité du désir sexuel. Il arrive fréquemment, par exemple, que la venue du premier enfant, à cause de l’alourdissement de la tâche parentale et du fait que les deux conjoints ne sont plus seuls, diminue l’intensité du désir et la fréquence des activités sexuelles du couple. C’est aussi le cas de tout événement émotivement difficile à vivre et qui demande un réajustement personnel ou conjugal : un deuil, la perte de son emploi, une surcharge de travail, un changement de responsabilités, de patron ou de collègues de travail, un déménagement non-voulu, des inquiétudes face à ses propres parents ou aux enfants, une maladie difficile à accepter, en sont quelques exemples.
En outre, les malentendus et les frustrations inhérentes à la vie à deux peuvent aussi, lorsqu’ils sont accumulés, conduire à une baisse de désir. C’est que la colère, s’accumulant suite à ces accrochages, produit un éloignement affectif qui nuit au désir de rapprochement intime et sexuel.
C’est dire combien le désir sexuel conjugal peut être fragile. Il est donc nécessaire d’y être attentif afin de ne pas se retrouver surpris, un bon matin, par sa disparition.