Maladies chroniques et handicaps
Avoir à vivre, du jour au lendemain, avec une maladie chronique ou avec un handicap accidentel ou post-opératoire, amène souvent une remise en question de sa vie. Des émotions de colère et de tristesse liées au deuil à faire du corps en santé et performant, de même que des inquiétudes quant à ce que sera le futur, vont souvent amener la personne à se sentir désintéressée face aux plaisirs de la vie et de la sexualité.
Un cancer qui rend vulnérable, fragile et vidé d’énergie, une arthrite douloureuse qui interdit certaines activités normales, l’amputation d’un membre ou d’un sein, qui en retire l’usage et modifie l’aspect corporel, la nécessité de porter un sac pour collecter selles ou urines, une hypertension, un diabète ou une opération sévère de la prostate qui causent une difficulté à obtenir une érection sont quelques exemples de situations, reliés à l’état de santé, qui peuvent produire une baisse de désir d’ordre psychologique.
L’homme et la femme qui vivent une de ces situations se sentent généralement diminués dans leur image corporelle et dans leur estime d’eux-mêmes. Au niveau sexuel, ils ne se sentent plus attrayants, intéressants et performants. S’ils sont en union, ils ont peur d’éveiller le dégoût et la pitié chez leur partenaire et d’être mis de côté ou même abandonnés. S’ils sont célibataires, ils s’inquiètent de ne plus jamais pouvoir se trouver un partenaire. Parfois la maladie sape les énergies qui seraient nécessaires pour retrouver de l’entrain et de la confiance et, dans certains cas, la dépression s’installe.
Toutes ces difficultés, questionnements et réactions amènent souvent la personne malade ou handicapée à s’éloigner inconsciemment de son partenaire et à éviter les relations sexuelles par peur de rendre l’autre mal à l’aise, de ne plus être en mesure d’éveiller le désir de celui-ci et, finalement, de ne plus en être aimée. Elle vit alors une baisse de désir. Mais parfois, cette baisse du désir se produit aussi chez l’autre, lorsque ce dernier se sent démuni face à la maladie, coupable de ne pas pouvoir mieux aider et inquiet de rendre son conjoint mal à l’aise.
Lorsque cela se produit, il est nécessaire que les partenaires se parlent de ce qui se passe entre eux et de ce qu’ils vivent face à cette difficulté, de façon à ce que celle-ci ne détruise pas le lien existant entre eux. Souvent, des telles discussions aideront la personne malade ou handicapée à se rendre compte que son partenaire l’aime tout autant qu’avant et que celui-ci accorde bien plus d’importance à sa santé et à son bien-être, qu’aux conséquences d’un corps déformé ou de capacités sexuelles moins grandes.
Parfois, les conjoints devront aussi apprendre à s’adapter aux nouvelles conditions imposées par une mobilité restreinte, par l’absence d’une partie corporelle ou par l’incapacité à réaliser la pénétration. Il leur faudra faire le deuil de jeux sexuels autrefois appréciés et inventer de nouvelles façons de se faire plaisir mutuellement.