Malaise face au sexe et homosexualité

J’ai 30 ans et mon conjoint en a 35. Nous sommes ensemble depuis 3 ans. Nos relations sexuelles se limitent à la position du missionnaire et à environ 1 à 2 fois par mois. Moi, je suis insatisfaite de la qualité et lui de la quantité. J'ai essayé d'emmener un jeu pour couple où l'on apprend à faire connaissance avec le corps de l'autre ainsi que de son propre corps. Il ne veut simplement pas jouer! Il dit que c’est du niaisage. Je connais la relation sexuelle par cœur, le début, pendant et la fin. Je ne suis plus intéressée. Lorsque je lui demande de me caresser un peu plus, il dit encore que c'est du niaisage. L'amour oral, si moi je lui fais, c'est correct, mais lui ne me le fait jamais. Je ne sais pas comment aborder le sujet avec lui car il est très soupe au lait. Surtout sur ce sujet. J'ai peur qu'il aurait peut-être eu des attouchements ou autres lors de son enfance. Un de ses oncles, maintenant décédé, s'est déclaré homosexuel après s'être marié avec sa tante et avoir eu deux enfants. La famille a eu peur qu'il se soit essayé sur mon conjoint. Je l'aime énormément et je sais que lui aussi m'aime beaucoup, même s'il ne me le dit pas. Mais je ne pourrai pas vivre sans relation sexuelle ou même avec le missionnaire très longtemps encore, et je ne veux pas aller voir ailleurs. Est-ce qu'il y a une méthode où je pourrais emmener le sujet sans qu'il se sente poigné?

  Plusieurs raisons peuvent expliquer le peu d’intérêt de votre conjoint face à la sexualité, et l’abus sexuel ne constitue que une de ces raisons. Ainsi, il est possible que votre conjoint ait développé un malaise face à la nudité corporelle ou une anxiété de performance tels qu’il ne se sente en sécurité que lorsqu’il en reste à la position du missionnaire, tout simplement à cause des messages sexuels reçus et de sa propre personnalité.

Ce qui me questionne, toutefois, c’est ce qui a amené la famille de votre conjoint à penser que votre conjoint avait peut-être été abusé par son oncle homosexuel ? Est-ce par le fait même de son homosexualité ou est-ce parce qu’il avait aussi un comportement pédophile ? Contrairement au mythe populaire, l’homosexualité et la pédophilie sont deux choses complètement différentes et le fait d’être homosexuel ne produit pas plus d’attirance envers les enfants que le fait d’être hétérosexuel. Peut-être que l’oncle de votre conjoint était aussi pédophile mais ce n’était pas parce qu’il était homosexuel.

Je me demande aussi comment la famille de votre conjoint a reçu la nouvelle de l’homosexualité de l’oncle. La nouvelle a-t-elle été bien accueillie ou a-t-on rejeté l’oncle en question (que ce soit de façon claire, ou de façon détournée par des insinuations continuelles au sujet de son orientation sexuelle) ? Quels sont vos propres attitudes face à l’homosexualité ?

À cause des préjugés sociaux face à l’homosexualité, plusieurs hommes homosexuels ont beaucoup de difficulté à s’admettre et à admettre aux autres qu’ils ont une orientation homosexuelle et, tout comme l’oncle de votre conjoint, vont d’abord essayer de se développer un intérêt pour les gens de l’autre sexe. Toutefois, le malaise reste grand et, le plus souvent, afin de trouver plaisir à l’activité sexuelle avec un partenaire du sexe opposé, il leur est nécessaire d’avoir recours à des fantasmes homosexuels. En outre, les activités hétérosexuelles seront souvent très limitées de façon à ne pas avoir à faire constamment face au malaise en question.

De l’extérieur, ces comportements ressemblent à ceux de votre conjoint, ce  qui éveille la possibilité qu’il soit lui-même homosexuel mais n’arrive pas à l’accepter à cause du rejet social encore présent dans notre société. Toutefois, je ne peux que faire des hypothèses quant à ce qui se passe au niveau de votre conjoint et je peux évidemment me tromper. Il faudrait que votre conjoint consulte un ou une sexologue dans le but d’identifier ce qui le rend mal à l’aise face aux activités sexuelles autres que le missionnaire ou la fellation.

La meilleure chose à faire, de votre part, serait de lui parler de vos insatisfactions quant à la sexualité de couple et de lui parler, aussi, de vos inquiétudes quant à la possibilité qu’il ait pu être abusé par son oncle. Si vous vous sentez confortable à parler d’homosexualité d’une façon positive, vous pourriez lui demander ce qu’il pense et comment il se sent, lui, face à l’homosexualité de son oncle et face à l’homosexualité en général. Il est évident, toutefois, que la discussion ne sera pas facile pour votre conjoint et il est possible que votre conjoint refuse d’en parler. Personne ne peut l’y obliger.  Quelque soit le résultat de vos discussions, il serait bon de l’encourager à consulter en sexologie. S’il s’avérait être homosexuel, votre conjoint aura besoin de votre support afin de l’aider à mieux accepter son orientation.

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