Lorsque
je suis excitée, je viens trop vite. A peine le temps de quelques caresses et
hops! c’est fini. Si j’étais un homme, je serais certainement éjaculateur
précoce. Ensuite, je suis trop sensible sexuellement et je suis aussi trop
fatiguée pour recommencer. Avoir du plaisir pendant une heure, j’oublie ça.
C’est juste pas possible.
Il
existe effectivement un orgasme précoce chez la femme, celui-ci pouvant être
considéré comme l’équivalent de l’éjaculation précoce chez l’homme.
Les causes de cet orgasme précoce sont psychologiques. Certaines peurs
inconscientes, par ex., peuvent amener la personne à éviter de rester
longtemps dans un état d’excitation sexuelle, ce qui produit une difficulté
de vivre l’excitation et le plaisir sexuels et, par conséquent, conduisent à
un orgasme ou une éjaculation précoce.
Chez ces personnes, dès que l’excitation sexuelle se construit suite à des caresses, elle monte en flèche et aboutit à un orgasme prématuré. Celui-ci, toutefois, n’est pas un véritable orgasme dans le sens où, le plus souvent, il n’est constitué que d’une décharge de tension et n’apporte que peu de plaisir (et souvent même aucun).
Toute
situation d’anxiété, que ce soit dans le domaine sexuel ou dans la vie en général,
se vit au niveau du corps par un changement dans la respiration et dans le degré
de contraction des muscles : la respiration se fait seulement au niveau
thoracique, plutôt qu’aux niveaux thoracique et abdominal ; les muscles
deviennent tendus afin de passer à l’action (fuir ou se battre).
Lorsque
l’excitation sexuelle monte et que la personne ressent inconsciemment une
inquiétude face à cette montée d’excitation, la respiration devient très
thoracique et les muscles des jambes, de l’abdomen, des fesses et du pubis se
tendent. C’est cette contraction trop intense qui amène un décharge
instantanée de tension, c’est-à-dire un orgasme sans plaisir.
Dans certains cas, la contraction engendrée lors du moment d’excitation va entraîner un état de fatigue tel que la femme ne se sent pas apte à recommencer les jeux sexuels tout de suite. Dans d’autres cas, la femme repartira sur une nouvelle excitation qui lui amènera, encore une fois, une décharge de tension rapide et ainsi de suite, sur plusieurs fois. Le lendemain, elle se sent alors tellement courbaturée, qu’elle se demande bien pourquoi elle se donnerait tant de mal pour si peu de plaisir, au fond.
Afin
de résoudre la difficulté, il est souvent nécessaire d’identifier les peurs
inconscientes sous-jacentes à ce processus de décharge de tension sans
plaisir. Puis, il s’agit d’apprendre à moduler son excitation sexuelle afin
que celle-ci ne monte plus en flèche dès qu’elle apparaît. Ce qui se fait
à l’aide d’exercices de respiration et de conscientisation des mouvements
et des contractions musculaires. Graduellement, la personne apprend à vivre
dans un état prolongé d’excitation sexuelle et à y trouver plaisir.