Dans votre dernière chronique, vous avez parlé de sexualité compulsive. J’aimerais que vous m’expliquiez ce que c’est au juste et si ça se guérit. Est-ce un problème que l’on retrouve uniquement chez les hommes ? Merci
Le problème de
sexualité compulsive est probablement plus fréquent chez les hommes mais il se
rencontre aussi chez les femmes.
La sexualité
d’une personne devient compulsive lorsque celle-ci se sent poussée à avoir
continuellement des activités sexuelles – ou un type particulier d’activité
sexuelle -- afin de se sentir bien. Elle y pense constamment, planifie la
prochaine activité liée à sa compulsion et vit de l’anticipation face à
cette activité. Ce faisant, elle a de la difficulté à se concentrer sur ses tâches
quotidiennes et elle trouve peu de plaisir à les accomplir alors même
qu’elle aurait pu les apprécier si elle n’avait pas été envahie par ces désirs
sexuels qui l’obsèdent.
Ce faisant, elle
néglige les autres aspects de sa vie. Au niveau familial, elle devient moins
disponible mentalement, émotionnellement et physiquement à son/sa partenaire
et à ses enfants, qui se sentent délaissés. Son rendement au travail peut
aussi être affecté puisque, dans bien des cas, la personne sexuellement
compulsive prélèvera des heures sur le temps de travail pour planifier et/ou réaliser
ses activités sexuelles (elle peut arriver en retard, partir en milieu de journée
ou partir plus tôt, ‘’naviguer’’ ou ‘’chatter’’ sur le net, par
ex.). Parfois, la personne va dépenser beaucoup d’argent pour réaliser ses
activités, ce qui hypothéquera sa santé financière. Et, finalement, dans
certains cas, la personne pourra se mettre en danger de contracter le sida ou
une MTS en refusant de se protéger adéquatement, ou encore, elle négligera de
se nourrir adéquatement et de dormir suffisamment afin de consacrer plus de
temps à sa compulsion.
La compulsion
peut se retrouver sous différentes formes et, souvent, elle se manifeste dans
le cadre d’un fantasme particulier. En voici quelques exemples : faire
l’amour avec le plus de personnes possibles et le plus souvent possible ;
séduire puis abandonner ; montrer ses organes génitaux à une personne
qui ne s’y attendait pas ; observer des personnes en train de se déshabiller
ou de faire l’amour alors que celles-ci ne savent pas qu’elles sont
observées ; dépenser énormément de temps ou des sommes d’argents élevés
à naviguer et à chatter sur le net à la recherche de satisfactions sexuelles
liées à un fantasme de domination, de soumission, de pédophilie ou autre ;
jouer à la roulette russe en ayant des activités sexuelles non-protégées
vaginales ou anales avec le plus d’inconnus possibles.
Ce qu’il
faut retenir de la compulsion, c’est que malgré tout l’investissement qui y
est mis, la personne n’arrive jamais à trouver le soulagement souhaité.
Parfois, la compulsion est mis en veilleuse suite à un événement particulier
(par ex., tomber en amour, se faire arrêter par la police) mais tant qu’un
travail thérapeutique n’aura pas été fait en profondeur, la compulsion
contrôlera les agirs de la personne quand bien même elle voudrait faire
autrement. Par contre, la thérapie peut aider la personne à se reprendre en
main, surtout si elle a comme objectifs d’identifier les besoins et les anxiétés
inconscientes qui sont liés au fantasme compulsif en question, puis
d’apprendre à les gérer adéquatement.