Vouloir plaire à l’autre

Lorsque nous entrons dans une nouvelle relation, nous adoptons des rôles, attitudes et comportements afin de plaire à l'autre et ce, sans même nous en rendre compte. Nous nous conformons aussi à certaines règles du jeu de séduction (par ex., la femme se maquille et s'habille sexy, et l'homme apporte des fleurs, invite au restaurant ou au ciné­ma), le temps de mieux connaître l'autre et d'établir la relation.

Certaines de ces façons d’être et d’agir expriment qui nous sommes et, dans ce cas, il n'y a pas de problèmes. Toutefois, dans bien des cas, les rôles, attitudes et comportements momentanément empruntés vont à l'encontre de ce que nous serions et ferions si nous nous permettions d'être spontané/es, clair/es, authenti­ques. Ce qui peut nuire à la relation, surtout lorsque les deux personnes impliquées ne sont pas conscientes de ce qui se passe et que les différences sont grandes entre les rôles adoptés et la réalité. La raison en est que cette situation crée des attentes chez l'autre, puisque c'est sur cette base qu'il ou elle apprend à nous connaître.

Par ex., si, en début de relation, une femme va voir le hockey avec son nouveau partenaire pour lui faire plaisir et sans même lui faire savoir qu’elle s’y ennuie, il va s'attendre à ce qu'elle soit intéressée par cette activité et qu'elle veuille partager à nouveau au niveau de ce champ d'intérêt qu'il a. De même pour une femme, si son partenaire lui laisse croire qu’il adore le jardinage et le camping en lui offrant toute l’aide dont elle a besoin alors qu’au fond, il voudrait bien faire autre chose. Chacun va donc être très déçu dans son attente -- et même se sentir trompé -- lorsqu'il comprendra que l’autre ne partageait pas les mêmes intérêts. Pourtant, chacun avait vraiment envie de faire plaisir à l’autre parce qu’il se sentait bien et voulait simplement être avec son ou sa partenaire. De plus, dans notre désir de connaître l'autre, il arrive souvent que nous ayons spontanément envie de faire un mouvement d'ouverture face à ce quelque chose qui, au départ, ne nous attirait pas.

Avec le temps, cependant, la réalité de ce que nous sommes vraiment prend le dessus. Notre partenaire et nous-même finissons, chacun de notre côté, par nous sentir limités, étouffés et contraints par des rôles qui ne nous conviennent pas, de même que par les attentes de l’autre qui vont à l'encontre de notre personnalité, quand bien même nous avions créé ces attentes au départ.

L'avenir de la relation dépendra alors 1) de l'ampleur des diffé­rences entre les attentes créées et la réalité de ce qu'est chaque personne, 2) de la capacité de chacun à se remettre en question sans accuser personne de quoi que ce soit, tout en prenant conscience de ce qui s'est passé et 3) de la capacité de chacun à s’adapter à la nouvelle réalité, en communiquant qui il est vraiment et en s’ajustant aux particularités de la personnalité de l’autre.

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